L’isolation intérieure :
- D’abord on construit les murs porteurs avec ce que les professionnels appellent le « matériau de structure* ».
- Puis on double l’intérieur des murs par un isolant. Étage par étage.
>>> La maison est calfeutrée de l’intérieur avant de recevoir le plâtre ou autre support de finition qui permettra de peindre ou de poser les tapisseries. L’extérieur des murs porteurs recevra un crépi, un enduit ou une peinture qui masquera le « matériau mur » proprement dit.
>>> Plus on met d’épaisseur d’isolant, mieux on isole. Mais plus on réduit la surface des pièces. Les performances des isolants sont variables thermiquement, écologiquement, du point de vue de la santé. À chacun de faire ses choix de matériaux de structure et d’isolant en connaissance de cause.
En France, le procédé d’isolation par l’intérieur est majoritaire.
Il est plutôt économique. Il relativement indiqué dans le cas des maisons de plain pied. Son efficacité est plus discutée dès lors que la maison comporte un ou plusieurs étages.
En effet, l’isolation intérieure est défaillante pour lutter contre les ponts thermiques. Il est indispensable trouver des systèmes compensatoires. C’est pourquoi dans les pays plus froids comme en Allemagne on lui préfère l’isolation extérieure.
Fonctionnement par temps froid
En clair, les murs uniquement recouverts de crépi se gorgent de la température extérieure. Ce froid progresse jusqu’à l’isolant posé le long des murs qui empêche ce froid de se communiquer à l’air intérieur de la pièce. Mais il progresse quand même par les planchers des étages, et par les ponts thermiques.
Selon les qualités thermiques de l’isolant, et l’intensité du froid extérieur la protection thermique est plus ou moins bonne. Il faudra alors chauffer plus pour maintenir la température intérieure. L’effet « parois froides » est parfois ressenti. Le confort des personnes ne dépend pas seulement de la température de l’air mais aussi de la température des parois. Quand les parois sont chaudes, on profite du « rayonnement ». Quand elles sont froides, on n’arrive pas à se réchauffer, comme à proximité d’une grande vitre froide, même si l’air intérieur a une température de 20°C.
L’effet thermos & le manque d’inertie
À l’exception des doublages de murs avec des matériaux à inertie (laine de bois, terre crue, terre cuite…), l’isolation intérieure manque d’inertie. On appelle ça « l’effet thermos ». Cet effet affecte le confort des habitants (et parfois la qualité de l’air intérieur). Prenons un exemple : Vous êtes 8 convives dans un appartement en montagne isolé par l’intérieur. Vous faites une raclette pour le dîner. L’atmosphère va s’échauffer rapidement. Vous n’aurez d’autre choix que d’ouvrir les fenêtres. Très vite la pièce sera glacée, tout le bénéfice du chauffage aura été perdu. La chaleur n’est pas retenue dans les murs qui n’ont aucune inertie. Comme dans un thermos c’est le contenant qui donne la température. Quand vous avez vidé le thermos de son contenu, il n’est ni chaud ni froid. Les calories sont perdues.
Pour simplifier, l’inertie c’est la faculté du matériau à emmagasiner des calories et à les restituer lentement. Comme par exemple les radiateurs en fonte d’antan. Ils chauffent lentement et sans à-coups et refroidissent de même. Le confort perçu est meilleur que dans une pièce chauffée par ces radiateurs en fonte que par de petits convecteurs électriques dits « grille-pain ». Il en va de même à plus grande échelle pour les matériaux des murs. Le confort perçu est difficile à décrire et simple à ressentir. La chaleur ou la fraîcheur de l’air ambiant se stocke dans les murs et se restitue doucement ensuite. Pour les murs comme pour la fonte, l’inertie thermique c’est avant tout un effet de masse. Nous verrons au prochain épisode comment en bénéficier avec l’isolation extérieure.
* Les matériaux de structure ont eux-mêmes des qualités thermiques.
Certains sont déjà isolants ou pas…
C’est le coefficient de résistance thermique (R) indiqué sur le produit qui permet à chacun d’évaluer les qualités thermiques de son matériau de structure. La pierre n’est pas isolante, les parpaings classiques ont un R 4 fois inférieur aux briques de terre cuite classiques …etc
Pour perdre moins de place en isolant, tout en augmentant les performances de vos murs, choisissez des « R » élevés pour les matériaux de structure comme pour les isolants.