Toi toi mon toit : Nous allons suivre pendant quelques épisodes le suivi de chantier du toit de Marie et Ludo.
Marie et Ludo sont mariés. Ils ont deux enfants. Marie est conseillère municipale dans sa commune. Elle est très préoccupée par les questions d’environnement. Marie suit notamment des dossiers ayant trait à l’eau ou au traitement des déchets. Professionnellement, elle forme les personnes handicapées en centre d’aide par le travail (CAT). Un tempérament et des compétences sociales qui l’ont conduite récemment à prendre un poste au pôle emploi. Ludo est masseur kinésithérapeute. Il est clair que tous les deux exercent un métier au service des autres. Mais rien ne les destinait particulièrement à s’intéresser à l’impact environnemental de l’habitat - si ce n’est leur curiosité naturelle et leur exigence hors du commun !
IIJ : Qu’est –ce qui vous a donné l’idée de vous pencher sur votre toit ?
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Marie : On savait que l’isolation ne valait plus rien et qu’il fallait s’en occuper.
Ludo : Quand j’allais sur le toit pour l’entretien courant : vider les goutières etc, je sentais parfois les plaques de fibrociment craquer sous les tuiles. En fait, tout notre toit est constitué de plaques d’amiante ondulées sur lequelles sont posées les tuiles. On sait bien aujourd’hui combien l’amiante est dangereuse. Il est vrai que l’on n’y était pas directement exposé, mais si on touchait les dalles ça « peluchait »…
Marie : …Et à chaque fois qu’on cassait une plaque ça libérait des fibres. En plus, ce produit évidemment n’existe plus. Et il n’existe aucune plaque sur le marché qui puisse correspondre à l’ondulation de celle-ci. On aurait pu continuer comme ça mais ça nous posait problème.
(Ludo : Sur la région, ils ont fait passer des avions pour prendre thermiquement des photos des déperditions. On avait pas besoin de ça pour savoir que notre toit était une passoire.)
IIJ : Vous ressentiez ce froid à l’intérieur de la maison ?
Marie : Non même pas, c’est d’ailleurs étonnant. On avait conscience de notre mauvaise isolation mais on une bonne chaudière à double condensation et pas de sensation de froid sensible. C’était plus l’idée qui nous gênait qu’un quelconque inconfort.
IIJ : Vous avez donc pris cette décision à partir d’une idée ?
Ludo : Non. On a commencé à faire établir des devis pour chiffrer l’investissement à prévoir.
Marie : Ensuite, au vu de l’importance des investissements à envisager, on a réfléchi sur le long terme. Notre toit était une nuisance. Une nuisance santé. Et une nuisance environnementale.
Ludo : Une nuisance sans symptômes et sans bruit. Mais nous savions bel et bien ce que nous avions sur la tête. Un risque santé + un manque d’isolant. Deux points qu’il faudrait traiter à un moment ou à un autre.
Marie : A court terme, on pouvait bien rester comme ça. Ça nous ne coûtait pas si cher en facture de chauffage. L’amiante n’était pas sous notre nez non plus. Évidemment, nous allions bien plus ressentir le coût du crédit qu’il allait falloir prendre pour le toit que les nuisances effectivement ressenties par ce toit.
Ludo : On décidé que tant qu’à devoir investir un jour ou l’autre, mieux valait le faire le plus vite possible. A posteriori ça paraît simple mais ce fut le fruit de longues discussions calculs à l’appui.
IIJ : Sans parler des rebondissements dont nous parlerons aux prochains épisodes…