La maison est un abri : épisode I

La maison peut avoir mille talents. Sa qualité primordiale est, et reste, de nous protéger. D’ailleurs une personne qui n’a pas de logement/maison est un « sans-abri ». On se rappelle de cette vertu protectrice pour désigner ceux qui n’en n’ont pas. Mais on oublie trop souvent cette fonction de sûreté quand il s’agit de choisir la sienne….
Beaucoup de logements, par leur conception et/leur construction ne mettent pas leurs habitants à l’abri. Nos comportements à l’intérieur des maisons créent des nuisances pour notre santé que nous ne soupçonnons pas. Pourtant les règles existent car nous passons environ 90% de notre temps à l’intérieur des bâtiments !

4 murs et un toit La maison est un abri : épisode I

Manier les 4 éléments : eau, air, la terre et le feu

« L’eau, l’air : la vie » disait la pub. C’était insuffisant mais c’est déjà beaucoup.

eau du robinet La maison est un abri : épisode ILes maisons doivent nous protéger de l’eau et de l’humidité. Il y a 4 sortes d’eaux.

-Les eaux de ruissellement qui nous tombent du ciel et qui doivent être canalisées pour ne pas s’infiltrer. Un bon toit, des gouttières des drains ou des rigoles le long des murs. (voir post)

-Les remontées capillaires. Ce sont les eaux de la terre qui remontent inévitablement dans les constructions anciennes. Les caves servant de pièce d’évaporation. Elles sont non-habitablesdu point de vue sanitaire à cause du taux d’humidité, des sels et moisissures voire du salpêtre. Sauf à avoir été traitées et asséchées, elles ne doivent pas être aménagées. Depuis 1974 un procédé de construction a été rendu obligatoire et les bâtiments n’ont plus de remontées capillaires.

-L’eau de ville. Elle peut avoir un goût variable. La compagnie des eaux atteste qu’elle est propre à la consommation à la sortie de l’usine. Ensuite elle transite dans le réseau de ville qui ne devrait plus couler dans des conduites en plomb. Elle arrive enfin à votre compteur. Si vous avez une maison ancienne, vous aurez pris soin de supprimer toutes les anciennes conduites en plomb toxiques et interdites. Malgré les économies d’énergies chauffez suffisamment votre ECS. Au-dessous de 45°Cplusieurs « bactéries » comme la légionnelle sont susceptibles de s’y développer.

-L’air vicié. Comme son nom ne l’indique pas l’air vicié c’est surtout de l’eau. Une famille de 4 personnes produit 2 tonnes de vapeur d’eau par an en respirant. Prendre une douche, faire cuire des pâtes dégagent aussi beaucoup de vapeur. Ouvrir les fenêtres c’est bien. Ventiler c’est mieux. Beaucoup de personnes ont changé leurs fenêtres et on vu les moisissures apparaître sur les murs… Leurs anciennes huisseries non étanches assuraient un échange entre l’air frais et l’air vicié. Les spores des moisissures et les bactéries liées à l’humidité présentent un risque réel pour notre santé (pathologies respiratoires et allergiques). Renouveler l’air est une nécessité pour évacuer l’eau !

bulle 300x225 La maison est un abri : épisode IAIR : On respire 20 kg d’air par jour et paradoxalement on est pas très regardant sur la qualité…

On parle beaucoup de la pollution atmosphérique qui nous empoisonne mais on omet la pollution de l’habitat. Ce n’est pas parce qu’on a un toit sur la tête que l’air est meilleur. Le toit n’y est pour rien, mais l’air intérieur est une calamité que l’on entretient consciencieusement. Certes, on ne voit pas l’air qu’on respire mais c’est pas une raison pour ne pas y regarder de plus près. L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur estime que l’air intérieur est 10 fois plus pollué que l’air extérieur.

de brique et de broc 300x225 La maison est un abri : épisode I

- les bâtiments émissifs : La matériaux de construction ont une incidence sur la qualité de la vie et la santé des habitants qui vont l’occuper. Cette incidence se mesure sur toute la durée de la vie du bâtiment. (ie : construction & destruction). Cela se compte donc en dizaines d’années et touche un grand nombre d’êtres vivants. Les émissions des matériaux de constructions sont multiples : des particules. Ce fut le cas de l’amiante. C’est toujours le cas de certains composants volatils. Soient parce que les matériaux libèrent ces composants au cours du cycle de vie du matériau (exemple : contrecollés, peintures.. etc.). Soit parce que le matériau se dégrade et tombe en poussières, soit parce que sa pose porte atteinte à la santé de celui qui manipule les matériaux. Le matériau de construction de vos murs et cloisons joue un rôle essentiel sur la qualité de votre air intérieur. Son choix est, sans en avoir l’air,une étape clé de votre projet. La tendance est greenwashing (tout sur le greenwashing dans un post précédent en cliquant là) à vous d’aller regarder les dessous des qualités des matériaux de structure :

Certains ont des origines naturelles incontestables comme le bois, le liège ou le chanvre par exemple. D’autres ont des valeurs  naturelles et des qualités sanitaires scientifiquement établies, comme la terre cuite par exemple. Elle régule l’hygrométrie, abaisse la charge électrique de l’air. Des millénaires d’utilisation depuis l’antiquité (vacances romaines) en témoignent pour la construction voire et même pour la conservation alimentaire. Les hôpitaux d’aujourd’hui ont bien compris ses propriétés sanitaires et utilisent préférentiellement ce matériau inerte et rompu aux épreuves. (Roanne, Belleville ou Sens ).

Du sain, du bon, du bon sens, à vous de voir et de vous faire une opinion. Tout ce qui est naturel n’est pas sain, l’amiante est naturelle et tout à fait dangereuse. Le bois est d’origine naturelle mais son exploitation, ses traitements et sa mise en œuvre en font un matériau sain ou pas. Durable ou pas. Prenez le temps de prendre conseil auprès des hommes de l’art. Décider en connaissance de cause est le seul mot d’ordre. Car vous ne pourrez changer pas changer d’avis sans casser les murs et cloisons… C’est bien d’ailleurs l’un des rares points qui bougeront pas au fil des ans. On change les peintures, l’isolation, le mode de chauffage, les tuiles, les vitrages, l’installation électrique…. mais pas les murs.

analyser qualite de lair 300x296 La maison est un abri : épisode I

- La quantité d’air disponible : De l’air de l’air ! Plus l’habitat est petit plus l’air doit être renouvelé au risque de devenir vicié. On a compris ce principe sur les voitures qui comportent maintenant des dispositifs de ventilation efficace. C’est plus aléatoire dans les constructions. Fait aggravant on a pour habitude de compter la taille des logements en m2. Il serait utile de s’intéresser aux m3 ce qui serait une meilleure indication quant à la quantité d’air et d’espace. Les logements anciens avec grande hauteur sous plafond sont plus respirables. Beaucoup de VMC d’appoint ont été installées dans les salles de bains exigües et sans fenêtre.

-Pollutions intérieures COV et autres douceurs des bâtiments non respirants ont des incidences significatives sur notre santé. (voir post suivant syndrome de l’habitat malsain). Insufflation ou extraction on serait bien inspiré de penser à l’air qu’on respire !

-La principale source de pollution dans les habitations reste les combustions. Celle du gaz dans la cuisine, de la cheminée dans la chaufferie. Un pot au feu lentement mitonné sur la gazinière vous exposera à un pic de pollution 10 fois supérieur à celui des plus grandes périodes de pollution. L’air est libre. Alors aérez, ventilez & posez des détecteurs de fumées et de monoxyde de carbone.

Dans l’épisode II retrouvez  la terre et le feu. Et leur invité surprise: les ondes.

    7 Commentaires sur “La maison est un abri : épisode I”

  1. Commentaire de skysensor31, le 2 avril 2009

    Merci pour cet article, une bonne piqûre de rappel sur tout ce qu’il est important de prendre en compte dans sa maison!
    C’est clair que c’est un vrai enjeu, quand on voit qu’1/ 3 des Français ont  déjà ressenti une gêne attribuée à la qualité de l’air intérieur, ça fait réfléchir!(résultats du sondage Ifop à lire à l’adresse : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1922_sondage_qualite_air_interieur.php)

  2. Commentaire de Isabelle, le 3 avril 2009

    Trois fois plus d’asthmatiques en 20 ans ça fait beaucoup ! Il semble que pour
    Le Professeur Denis Charpin le lien « la qualité de l’air intérieur de l’habitat semble avoir une importance considérable dans ce type de pathologie ». ça pose question !

    Je prépare donc un dossier complet pour faire le point sur le syndrôme de l’habitat malsain.

    A ce propos j’ai aussi trouvé un article qui explique que les Allemands dans les années70-80 ont fait des recherches en géiobiologie. Ils se sont alors sont aperçu des vertus des matériaux naturels par rapport aux autres matériaux de construction. Ils ont défini les bases de la bio-construction, suite à ce constat d’habitat malsain. L’article au complet est à lire http://www.bio-et-nous.com/index.php?option=com_content&task=view&id=77&Itemid=13. Je contacte le rédacteur de l’article pour en savoir plus.

  3. Commentaire de http://flaxre.masbott.nl, le 5 mars 2019

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