Le syndrome de l’Habitat malsain ou (SBS) : le comprendre, le détecter
Les bâtiments existent pour y vivre ou y travailler. Pourtant il est établi que certains d’entre eux nous rendent malades. Pour savoir ce qui se trouve derrière ce nom barbare demain ma maison fait le point sur le syndrome de l’habitat malsain ou SBS (Sick Building Syndrome) avec un cas pratique et les meilleures manières de le prévenir.
Est-ce une maladie comme les autres ?
Oui et Non. C’est une maladie qui engendre des symptômes bien réels. Mais dont le traitement est différent de celui d’une angine ou d’une allergie.
Il s’agit d’un empoisonnement ou plutôt d’empoisonnements multiples et croisés. Comme tout empoisonnement, il est difficile d’en identifier la cause. Et encore plus difficile d’envisager la maison ou le bureau comme étant la source.
- Quand un enfant ingère un produit qui ne devrait pas être à sa portée, on appelle en urgence le centre antipoison. Les médecins mettent en place le traitement adapté. Et les parents montent d’un cran tous les produits dangereux.
Dans le cas du SBS, les substances dangereuses sont inhalées en permanence, en toute impunité restent invisibles. Impossible à mettre hors de portée, elles sont dans l’air ambiant comme le formaldéhyde officiellement cancérigène et mutagène.
Petite illustration avec Amélie…
Amélie s’installe dans son appart. Elle quitte le nid douillet de ses parents. Une maison ancienne en pierre avec jardin décoré par les meubles de famille.
Elle choisit une ambiance radicalement différente. Un appartement en ville dans un grand immeuble récent. Elle a entièrement redecoré les lieux. Les peintures, papiers peints et stickers donne la note. Les meubles fraîchement sortis des cartons et montés avec des copains prennent place. Elle s’est offert le luxe d’un coin cuisine équipée. Une petite soirée est prévue le soir même pour fêter ça dignement. Amélie a allumé quelques bougies parfumées créer l’ambiance. Et pas de contraintes, pas d’interdiction de fumer en vigueur… Le rêve.
Le lendemain, c’est maux de tête et gorge irritée. « Lendemain de fête » sans doute. Le surlendemain c’est guère mieux. Et ça ne va pas vraiment en s’améliorant. Amélie va mieux en rentrant chez ses parents pour le week-end. Et si finalement cette fatigue ne cachait pas un petit coup de blues. Ce n’est pas si facile de quitter le cocon….
L’envers du décor
Si formaldéhyde pouvait se voir Amélie verrait que son appart a dépassé toutes les côtes d’alertes. Les peintures les papiers peints et les stickers larguent la substance dans l’air. La colle des meubles en aggloméré font de même et pour longtemps. Les produits utilisés pour le grand ménage s’en mêlent aussi. Et le tabagisme passif mélangé au bon air de la ville ont fait le reste. Une exposition longue à de forts taux et le corps d’Amélie se plaint. Un passage dans une maison familiale dont les matériaux de construction et la décoration sont inoffensifs, les produits ménagers naturels et l’interdiction de fumer en vigueur avec fenêtres ouvertes sur jardin et le corps d’Amélie se calme.
En quelques mois Amélie va développer de l’asthme et des maux de tête. Elle fatigue très vite assise à son bureau, elle a du mal à rester concentrée. Ses parents et elle-même et accuseront la ville, une vie de patachon et une alimentation sur le pouce. Avec un fond de rhume qui traîne elle s’est mise à dormir fenêtres fermées. L’appart. est un peu moins joli qu’au départ. Un joyeux bazar. Un peu de négligé côté ménage. La poussière qui s’accumule un peu. Il faut bien que jeunesse se passe….
la suite au prochain épisode….
4 Commentaires sur “Le syndrome de l’Habitat malsain ou (SBS) : le comprendre, le détecter”
Voici le communiqué de presse de l’UFC que choisir paru aujourd’hui mardi 25 Août concernant la pollution intérieur. ça fait frémir. Respirez-Soufflez….
J’ai posté pour vous en bas du communiqué le lien pour consulter l’étude complète.
“Pollution de l’air intérieur : Le ménage reste à faire
A l’occasion d’un nouveau test révélant la nocivité de certains revêtements de sol, l’UFC-Que Choisir - forte d’une expertise d’une quinzaine d’années - demande la mise en oeuvre immédiate des mesures votées dans la loi sur le Grenelle de l’environnement, et formule de nouvelles propositions pour le Grenelle 2.
Notre dernière enquête montre que sur les huit moquettes encollées que nous avons testées, cinq restituent du formaldéhyde, du toluène et des éthers de glycol. Le maximum d’émission de composés organiques volatils (COV) relevé à 28 jours est de 3200 µg/m3, soit une valeur très supérieure au seuil de confort de 200 µg/m3.
Les moquettes encollées rejoignent la longue liste des produits testés par l’UFC-Que Choisir (désodorisants d’intérieur, nettoyants ménagers, tapis, meubles, vitrificateurs, etc.) dont les émissions trop importantes de certains composés organiques volatils induisent une nocivité démontrée.
Nous passons ainsi 70 à 90 % de notre temps dans nos habitations, nos bureaux, à l’école, dans les transports… autant de lieux saturés par une pollution invisible et omniprésente. Plus de 100.000 substances chimiques font partie de notre quotidien, dont certaines contribuent à la formation de cancers, de problèmes de reproduction et d’allergie. Parce que notamment située dans l’espace domestique, cette pollution affecte d’abord les personnes les plus fragiles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées).
Pourtant, les pouvoirs publics, comme les professionnels, ont fait bien peu pour réduire cette pollution. Le champ d’application de la nouvelle règlementation européenne sur les substances chimiques (REACH) ne concerne qu’une substance chimique sur trois, sa mise en oeuvre s’étalera sur dix ans et les autorités européennes ne peuvent pas obliger la substitution de substances dangereuses.
Les sénateurs ont pour leur part positivement amendé le projet de loi d’orientation « Grenelle 1 » en prenant des mesures d’interdiction ou d’étiquetage pour les matériaux de construction et de décoration. Mais la plupart des produits de grande consommation ne sont pas encore concernés.
C’est pourquoi l’UFC-Que Choisir interpelle le ministère de l’Environnement pour que la dynamique engagée par les parlementaires soit enrichie à l’occasion du Grenelle 2 par les mesures suivantes :
- L’interdiction dans les produits de consommation, de décoration et de construction, de toutes les substances reconnues comme dangereuses.
- La réalisation obligatoire de tests d’émission par les professionnels.
- Un étiquetage sur la composition et les substances émises par les produits, afin de permettre aux consommateurs de sélectionner les produits les moins nocifs.
- L’incitation à installer des systèmes de ventilation à double flux dans tous les logements par des aides financières - crédit d’impôt et prêt à taux zéro - pour les logements anciens.”
Toute l’Etude “Pollution de l’air intérieur : Le ménage reste à faire” à cette adresse
http://www.quechoisir.org/positions/Constats-et-position-de-l-UFC-Que-Choisir/91A5EB6206289640C125761C004C68F7.htm