Les matériaux ne sont pas une fantaisie.
Aujourd’hui, on se demande à Paris si l’on ne va pas se faire une maison en bambou… C’est fashion, ça paraît développement durable.
Hier on se posait la question différemment. Il n’y avait ni bateaux, ni camions pour acheminer la marchandise alors on faisait avec les moyens du bord en transformant le moins possible le matériau initial. Avant, on faisait du pur développement durable sans le savoir.
Les cavernes étaient prêtes à l’emploi :
Les premières habitations étaient donc en pierre et déjà construites. Seul la déco était à faire, et pas de Valérie Damidot à l’horizon. Ensuite, les hommes ont creusé la terre pour réaliser des habitations troglodytes. Aujourd’hui, certains s’offrent un retour aux sources dans des cabanes dans les arbres. Un plaisir connu depuis l’Antiquité… Étonnant non ?

L’homme, jusqu’à une période très récente, a construit son habitat avec ce qui se trouvait sur place.
Un savoir faire local se développait. Une architecture typique du lieu (souvent adaptée au climat) émergeait.
On construisait en banco en Afrique.
En bambou en Asie.
En bois un peu partout-les Gaulois notamment.
En pierres quand on a su la tailler.
En terre crue avant même l’invention de l’écriture (ancienne Mésopotamie). En briques de terre crue quand on a compris comment les faire. (Il y a 8500 ans – cf site de Çatal Höyuk, en Anatolie)
En briques de terre cuite quand on a su maîtriser la cuisson.
On a fait du béton avec de la chaux depuis les Romains. Les Egyptiens et les Grecs ont inventé des procédés incroyables dont les scientifiques d’émerveillent encore aujourd’hui. Les Romains, bâtisseurs devant l’éternel, ont mis ces savoirs faire en œuvre à très grande échelle.
>> Sauf pour les œuvres d’art ou monuments où l’on faisait venir du marbre de carrare et autres minéraux rares. On a toujours construit avec les matériaux disponibles sur place.
>> Le recyclage n’a rien de nouveau non plus combien de maisons se sont construites en pillant les pierres du château en ruine d’à côté ?

Le matériau, la géographie, le progrès technique, la culture et l’architecture
Le béton de chaux est devenu du béton avec l’apparition du ciment. Il a été popularisé depuis le XIXe siècle notamment grâce au ciment de Portland et à Louis Vicat en France. Le parpaing a émergé en France dans les années 60. C’est ainsi que le territoire français s’est peu à peu divisé.
Une zone grise pour le béton et une zone rouge pour la terre cuite. Pourquoi ?
- Là où il y avait de l’argile et du combustible pour les cuire des briqueteries se sont implantées. D’ailleurs elles se déplaçaient pour suivre le combustible. La forêt repoussait et on trouve de l’argile à peu près partout.
- Non loin de là où l’on fabrique du ciment et on produit du béton en centrale à béton ou en parpaings.
Et c’est ainsi que les maisons alentour, qui n’étaient plus en pierres (trop cher), ont été bâties en terre cuite ou en ciment.
En Amérique du Nord, dans les pays nordiques, les maisons ont continué à être en bois. Les cultures de chacun ont la vie dure. Quand un savoir faire existe, il se transmet et c’est ainsi que les systèmes constructifs qui ont fait leurs preuves persistent sur les sites. La « construction traditionnelle » n’existe pas.
L’industrialisation puis la mondialisation et son corollaire le transport ont changé la donne.
Pourquoi ne pas vouloir une maison en bambou du vietnam puisque c’est possible ? Une terrasse en Teck, des meubles en Ipé ? On a jamais vu de toit de chaume en Afrique ni de toit de palme en Normandie… mais on pourrait…
L’urgence environnementale bouscule un processus millénaire
Aujourd’hui, on s’intéresse au développement durable. On a pris conscience que le bâti était à l’origine de 40% des émissions de gaz à effet de serre. Dans les pays industrialisés, et en France notamment, on cherche donc la combinaison optimale entre confort, performance, disponibilité, et durabilité.
- Il n’y a pas un climat. Ni une attente consommateur unique mais une multitude.
- Il n’y a pas une réponse mais une multitude.
- À chacun de trouver sa combinaison idéale.
Toutes les fiches qui vont suivre sont là pour vous donner le plus de renseignements possibles tout en restant lisibles et permettre à chacun de construire son projet. Sa maison idéale.
4 Commentaires sur “Les matériaux ne sont pas une fantaisie.”
je vous remercie déjà , ce que je veux savoir ; les étapes de la fabrication des briques en terre cuite - une image de la machine mécanique utilisée pour la confection des brique.
j’ai un projets de construction en utilisant les matériaux sur place comme la terre (argile) le bois etc.
JE SUIS IVOIRIEN et chez nous il y a ce que je viens de citer.
Pour finir je voudrais vous dire merci pour votre bonne comprehention et bientôt.
Le terme de brique de terre cuite est un terme générique qui recouvre des réalités bien différentes et cela rend votre question très intéressante pour tous les lecteurs.
En effet, la terre cuite est connue depuis des millénaires. Et sa composition varie assez peu. Les propriétés du matériau terre cuite ne varient pas. Ce qui a beaucoup changé c’est sa forme. Aux propriétés initiales de la terre cuite la forme choisie on a ajouté des propriétés supplémentaires : Les propriétés mécaniques.
Je m’explique avec un exemple : les fenêtres. On fait les vitres avec du verre. Le verre est un matériau bien connu dont les propriétés sont comparables selon la provenance. Ce qui est nouveau c’est qu’aujourd’hui sans nécessairement changer les caractéristiques du verre on en augmente les performances en les conjuguant avec les lois de la mécanique. En faisant non plus du simple vitrage mais du double vitrage (voire du triple) on réalise des fenêtres aux performances isolantes.
Voilà pourquoi- pour répondre à votre question- il n’y a pas une forme mais des formes de briques. Autrefois on utilisait des briques rectangles pleines qui ont fait leurs preuves pendant des millénaires. Aujourd’hui les services de RD de chaque fabricant combinent les propriétés techniques du matériau terre cuite avec les propriétés mécaniques. Les briques renferment désormais de l’air (les alvéoles) qui comme pour le double vitrage lui confèrent notamment des qualités isolantes. Il y a donc sous cette appellation générique de brique beaucoup de produits différents : de la brique dite “de Vingt”( une brique alvéolée de 20 cm) à la brique dite “monomur” (Une brique alvéolée qui est à la fois matériau du mur porteur et l’isolant qui peut fait 30 cm, 37 cm et parfois plus). La taille et le sens des alvéoles va déterminer le mouvement de la température dans le matériau (l’inertie thermique). C’est pour cette raison que le monumur est dit “climatiseur naturel” dans les zones tempérées comme les nôtres.
Je ne peux donc guère vous donner une photo de machine. Ici les briques sont fabriquées dans des usines ultramodernes qui utilisent même la biomasse pour chauffer les fours à très haute température. Je me renseignerais toutefois pour le cas ou je retrouve des illustrations procédés artisanaux de moulage et de cuisson qui puissent vous être utile. Si les autres internautes disposent de ces éléments ils sont aussi les bienvenus.
J’espère avoir répondu à votre question.
Bien à vous Isabelle
merci Isabelle pour les différentes importantes informations;sinon je continue toujours les recherches. au faite ce je compte faire maintenant c’est ouvrir un atelier ou j’aurai de l’argile ,fabriquer un malaxeur, un moule , un four
au vu de cela si tu peux apporter quelques conseils, cela me fera plaisir.
que Dieu te bénisse!