Le matériau paille en bref
Les préjugés sur la maison paille ont la vie dure. Depuis les 3 petits cochons, elles ont mauvaise réputation. On les réduit au seul système constructif à ossature alors que les murs peuvent être porteurs. Elles ont offert un toit aux pionniers de l’ouest américain qui les ont inventées. Elles sont portées haut par les auto-constructeurs et autres parangons de l’écoconstruction. Elles vont peut -être bientôt relever le flambeau de l’homologation pour l’accueil du public . Faites donc un fêtu de paille de toutes ces idées reçues !
Description, nature composition du matériau
La moissonneuse-batteuse coupe les tiges et trie les grains : La paille est la partie longue et sèche de la tige des céréales à paille (blé, orge, avoine, seigle, riz). Cette partie de la tige, comprise entre la coupe et l’épi, est rejetée sur le champ par sous forme d’andains. Ensuite, la paille est ramassée avec une ramasseuse-presse. Elle conditionne la paille en ballots, en bottes ou en rouleaux, qui seront ensuite transportés pour être mis à l’abri des intempéries.
La paille est constituée de cellulose, de lignine, de silice et possède une cuticule externe cireuse et hydrofuge.
En construction, on utilise plutôt la paille de blé, d’épautre et de seigle. Les pailles d’orge et d’avoine sont moins stables donc moins appropriées. La région PACA s’intéresse à la valorisation de la paille de Lavande.
Procédé de fabrication résumé
Provenance
L’intérêt du matériau paille est d’utiliser la paille produite le plus près possible du lieu de construction. Pour la paille céréalière c’est
évidemment plus facile en Beauce qu’en Provence. Le problème de la paille c’est la botte ! La botte n’est pas secrète mais elle est confidentielle. Depuis les années 1980, les ballots (voir photo) remplacent les bottes. Or, on construit les maisons avec les bottes parallélépipédiques ! (voir photo). Malheureusement les machines qui fabriquent les bottes ont quasiment disparu, la plupart des fabricants ne produisent plus de presse à petits ballots… La longueur habituellement utilisée en construction requiert des ballots de 80 à 90 et dont la densité varie entre 80 à 120 kg/m3.
Renouvelable ou pas
La paille est une matière première renouvelable. Elle se forme par photosynthèse à partir de la lumière du soleil, de l’eau et des minéraux du sol. La croissance de la paille ne produit pas de CO2, ni d’autre polluant atmosphérique, et au contraire fixe le CO2 de l’air.
Biodisponibilité
La France, pays céréalier, produit de la paille en quantité suffisante.
Le réseau français des « Compaillons » estime que l’on pourrait construire 500 000 logements par an avec ce matériau dans l’hexagone. Ce n’est pas la disponibilité du matériau qui fait défaut, c’est la disponibilité des outils de conditionnement en bottes qui manque !
Recyclable ou pas
La paille est recyclable, compostable. En agriculture biologique la paille est même enfouie dans le sol pour l’aérer.
Les bottes de paille ne sont pas recyclables telles qu’elles à cause de la ficelle : Chaque botte est maintenue et pressée par 2 ficelles en polypropylène. Ce matériau n’est pas recyclable. (Les ficelles en sisal sont recyclables mais les bottes ficelées au sisal ne sont pas utilisables en construction car elles ploient trop fortement)
Sain ou pas et pourquoi :
Sain à la mise en œuvre ?
Pendant la construction, la poussière de paille peut provoquer des réactions allergiques chez les personnes allergiques aux graminées. Les allergiques doivent donc travailler avec un filtre à poussière et protéger leur peau du contact répété avec le matériau.
La question des poussières doit être examinée avec soin. Ces poussières peuvent provoquer de l’asthme, des bronchites chroniques, le syndrome des poussières toxiques et, pire encore, de la maladie du poumon de fermier.
Porter des masques à poussière, manipuler la paille à l’extérieur sont des précautions utiles. Manipuler de la paille moisie est dangereux. Quoi qu’il en soit, si la paille a été exposée à l’humidité, elle devient impropre à la construction.
Sain à l’usage ?
Une fois la maison terminée et les murs enduits, la paille ne présente plus aucun danger pour les habitants.
Les spécialistes de l’habitat sain exprime cependant leurs réserves car ils estiment que trop peu d’études ont été menées sur le sujet pour affirmer une vérité scientifiquement fiable.
Poids part de marché de la construction :
La part de marché reste faible. L’absence d’homologation limite le développement de ce mode constructif. L’enquête des compaillons et de l’association empreinte évalue au 2 février 2009 à 691 le nombre de projets paille en France. Dont 16,5 % de constructions achevées et en utilisation soit 96 maisons et 17 bâtiments à usages divers: professionnels, hangar ou bâtiment agricole, lieu d’accueil ou d’expérimentation.
La maison paille est donc un système constructif confidentiel, il totalise une centaine de maisons sur l’hexagone. Il est plus développé aux États-Unis dont il est originaire.
Applications possibles
La construction paille permet de chauffer sans déperdition de chaleur. La paille est un excellent isolant
thermique mais n’a aucune inertie, il n’y a pas de stockage de chaleur. Il faut donc prévoir des masses thermiques dans l’aménagement intérieur.
Il existe deux systèmes constructifs différents.
- Le mur porteur paille (ou technique Nebraska)
- Le mur à ossature bois, acier ou béton armé
Les murs porteurs en ballots de paille sont beaucoup plus économiques que la technique à ossature. Ils sont beaucoup plus faciles à monter et leur exécution exige moins de planification et moins de compétences techniques. Ce type de mur a fait ses preuves depuis plus d’un siècle.
Dans le cas des murs à ossature, l’avantage de l’isolation efficace et bon marché de la paille est contrebalancé par le coût supplémentaire de l’ossature + des fondations plus larges + des débords de toits plus long et des embrasures plus profondes.
Paradoxalement en France la maison paille est connue sous le système à ossature et se développe beaucoup moins sous le système Nebraska plus économique et plus simple.
Pour les deux systèmes constructifs faut compter en moyenne 2 fois plus de temps pour réaliser les enduits que pour placer les ballots.
Les spécialistes de la maison paille s’accordent sur le fait qu’une maison paille n’est pas nécessairement moins chère qu’une maison conventionnelle. Cela dépend de sa conception, de la planification des travaux et de bien d’autres facteurs. L’immense majorité des maisons paille sont des maisons d’auto-constructeurs. C’est l’absence de coût de main d’œuvre qui réalise l’économie aussi substantielle. C’est probablement aussi ce point qui freine le développement des maisons paille. Aussi belle que soit l’idée, tout le monde ne peut, ni ne souhaite s’atteler à la construction de sa maison. Quant aux professionnels, ils ne s’engageront durablement dans ce mode constructif qu’avec les homologations nécessaires.
Applications courantes
- bottes de pailles pour les murs : à réaliser soi même à partir des rouleaux
- pour édifier les murs
- ou pour isoler les murs les murs, le toit, les planchers
- Panneaux de paille : Il existe des panneaux de paille manufacturés compressés entre deux feuilles de cartons. On les emploie comme isolants, ou comme support d’enduit ou bien comme cloisons.
Homologations reçues :
Le paille n’a pas reçu d’homologation officielle en tant que matériau de construction. Si rien n’interdit de construire une maison non homologuée : faire assurer une maison bâtie avec des matériaux non homologués relève du parcours du combattant.
C’est surtout la résistance au feu qui est opposée au matériau paille. L’homologation est un processus long et coûteux, une particularité française qui limite le développement des techniques nouvelles de construction. Les premiers essais au feu ont commencé en 2001 avec l’Ademe et le CSTB. Très récemment à Issy les Moulineaux un test au feu à été réalisé pour la construction d’un bâtiment accueillant du public (essai CSTB Financé par la région PACA// Moniteur/ Fev 2010 ). Peut-être une portée d’entrée pour les maison paille des villes ?
Sources d’infos retenues
- Maison en paille, Techniques, idées et réalisation : Gernot Minke, Friedemann Mahlke
- sites
http://www.habitat-ecologique.org
Compaillons : réseau français de la construction paille
- Guide de l’habitat sain
- Le Moniteur
- wikipedia
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