Maison moderne : entretien avec James Bansac, architecte DPLG.

Demain ma maison a interviewé James Bansac, Architecte DPLG de son état. Ses maisons ont été primées plusieurs fois et ont reçu le « prix de la maison préférée des Français ». Une vision singulière sur la maison contemporaine.

James Bansac V3 Maison moderne : entretien avec James Bansac, architecte DPLG.

Demain-ma-maison.com : On dirait que toutes les maisons qui se construisent sont cubiques. Vous semblez ne pas souscrire à cette tendance. Pouvez-vous nous donner votre éclairage ?

James Bansac : En architecture, il faut se méfier des effets de mode. La maison s’inscrit dans la durée. Une maison ce n’est pas un produit de consommation.

DMM : Autre singularité remarquée. Presque toutes les maisons qui se construisent ont un toit plat.
JB : Certaines municipalités s’y opposent. C’est une prérogative de l’urbanisme. L’unité esthétique a été acquise au fil des siècles. Certaines mairies ont été échaudées avec des partis pris qui s’intègrent difficilement finalement. Proposer un toit plat est parfois possible, et parfois pas.

 

DMM : Vous mixez souvent les deux.

toit2 Maison moderne : entretien avec James Bansac, architecte DPLG.

JB : C’est exact. Je cherche une harmonie entre nature et architecture dans des emplacements parfois complexes. Il peut m’arriver d’alterner toits terrasses végétalisés notamment et toits en pente… Néanmoins cela dépend en grande partie du budget. Tout le monde a envie en ce moment d’un toit plat mais ça n’est pas toujours compatible avec l’enveloppe budgétaire.

DMM : Pourquoi ? Un toit terrasse serait-il plus cher qu’un toit en pente ? Même isolé et couvert de tuiles ? Difficile à croire.
JB : Oui, réaliser des toits plats coute plus cher à la construction. Et, les plus grands soins doivent être portés à l’étanchéité qui doit être d’excellente qualité. Ensuite un toit terrasse devra être entretenu différemment, être surveillé et l’étanchéité doit être refaite tous les 12-15 ans .

DMM : Et un toit en pente tiendrait mieux dans le budget ?
JB: Oui et il y a tout un éventail de choix -et de budget – entre le toit 2 pans classiques aux alternatives plus complexes. On peut faire une infinité de variations architecturales.

DMM : Vous ne semblez pas porter la terre cuite aux nues ?
JB : Les tuiles terre cuite sont le meilleur élément de couverture d’un toit en pente. Une toiture en terre cuite durera 50 ans. Ce que je n’affectionne guère c’est la couleur…

DMM : Pourquoi ?
JB : C’est en partie une question de goût. Les ocres et rouges ne vont pas très bien avec le bois que j’utilise. On a beaucoup vu la tuile canal genre Omega 13. J’aime les teintes grises et les teintes neutres, car elles sont discrètes, sobres, et se marient bien dans le paysage qui est par nature dans les teintes sombres.
Pour ma part, je dirais que des rives anthracite avec un toit de tuiles d’aspect plat et de couleur sombre dématérialise bien le toit. Evidemment j’aimerais avoir plus de choix dans les couleurs et les modèles pour créer des toits à part !

DMM : Et les panneaux solaires…. ?
JB : Les panneaux solaires s’intègrent bien mieux à une toiture sombre, et mieux avec des tuiles plates plutôt que des tuiles canal. Quand c’est possible dans la commune.

DMM : que diriez-vous aux familles qui rêvent de construire ?
JB : Il est possible d’avoir une maison unique pour un budget modique. Pour ma part j’ai réalisé certaines maisons au prix de maisons sur catalogue. Ça suppose pas mal de réflexion mais cela s’apparente aussi à mon inspiration « Less is more ». Par l’épure appliquée à toute la maison, on arrive à des volumes, des ouvertures, qui donnent une vraie signature à une maison à vivre. On en revient aux principes des Quaker qui furent MA révélation architecturale.

 

Vous pouvez voir d’autres maisons réalisées par James Bansac en suivant ce lien :

www.james-bansac.com

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