La maison et les énergies renouvelables
En lisant que la 6° édition du salon des énergies renouvelables allait se tenir à Paris du 19 au 21 juin 2008, j’ai réalisé combien le fossé se creusait entre les “consommateurs lambda” et les pros. J’ai moi aussi failli tomber dans ce fossé culturel… Comme si les mots cachaient la forêt.

Démon des mots
Pour vous et pour moi, Français moyen et apparentés, l’énergie c’est de l’électricité. (je caricature à peine - c’est pour les besoins de l’exposé). Globalement, dans notre inconscient collectif, l’électricité c’est un peu le métier d’EDF. Un monopole pareil ça ne s’oublie pas d’un battement de cils, même si c’est un peu différent aujourd’hui.
Pour vous, pour moi, dans notre langage courant, l’essence c’est du carburant. (Spontanément ce n’est pas le mot énergie qui nous vient à l’esprit !) Idem pour le fuel et le gaz : du chauffage-comme chacun sait. Quant au bois c’est un bon feu de cheminée qui craque… La pompe à chaleur c’est aussi du chauffage. Qui a dit que c’était de l’énergie ?
Le terme “d’énergies”, fussent -elles renouvelables, appartient au registre des questions fondamentales. Des politiques environnementales. Des enjeux de demain. De l’avenir de la planète. L’énergie renouvelable c’est quoi ? c’est le contraire de l’énergie fossile.
Dans la vie de tous les jours, les plus avancés d’entre nous ont une pompe à chaleur. Il ne se pensent pas “producteur d’énergies ” renouvelables. Ils se pensent au chaud l’hiver sans gaz à effet de serre.
L’énergie renouvelable c’est pas du quotidien. L’énergie renouvelable appartient au registre de ceux qui nous gouvernent. Au registre des producteurs d’électricité de tous poils.
De là à dire que l’énergie renouvelable ce n’est pas pour moi… Il n’y a qu’un pas qu’on franchit tous sans y penser. Et l’on saute à pieds joints dans - non pas un vide juridique mais- un vide de la langue française. Une langue qui n’a pas changé aussi vite que les besoins de la planète. Une langue qui ne parle pas à ceux à qui le service est pourtant proposé.
Allez c’est dit… demain j’appelle une boite d’énergies ! Faudrait quand même penser à changer la chaudière…
Quand je pense qu’hier j’ai écrit “Seulement 7% des Français vont plus loin en produisant eux-mêmes de l’énergie renouvelable (pompes à chaleur, biomasse, solaire, éolien.” en reprenant les mots du questionnaire de la Sofrès. Chapeau bas aux 7%… on est loin du monopole. Même si j’aimerais bien leur demander, si, en leur fort intérieur - confortable et écologique comme il se doit - ils se sentent vraiment producteurs d’énergies renouvelables ou consommateurs responsables ?
> Alors dis, Monsieur de TNS Sofres, ou Monsieur d’Ipsos, d’Ifop… s’il vous plaît, pourquoi ne pas lancer une deux études quali pour qu’on en sache un peu plus sur ces perceptions profondes des producteurs d’énergies ?
J’aimerai bien savoir ce qui fait qu’à un moment ou à un autre on passe du consommateur au producteur ? Cher lecteur, si tu es passé de ce côté là du miroir, c’est aussi le moment de passer du côté de celui qui écrit.