Rénovation verte du bâti ancien en zone protégée.
Un débat houleux. Un casse tête administratif. Lors de l’examen en 2e lecture du projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, l’Assemblée Nationale a confirmé sa volonté de supprimer l’avis conforme de l’ABF (Architecte des Bâtiments de France) dans les Zone protégées. Il y a les pro - environnement et les pro-monuments historiques. Et, aussi étrange que cela puisse paraitre, ces fervents défenseurs du patrimoine naturel et historique s’affrontent…
Il était une fois les partisans de la défense de la planète :
Ils se sont érigés contre les assauts faits à la planète. Ils ont manifesté contre les excès de la modernité. Et ils ont réussi à faire entendre leur voix, à se faire une place, à contribuer au débat et à la marche du monde.
Il était une fois les défenseurs du patrimoine historique
Ils se sont érigés contre les assauts de la modernité. Ils ont manifesté pour la protection du patrimoine historique. Ils ont réussi à faire entendre leur voix, à se faire une place, à contribuer au débat et à la préservation de nos plus belles empreintes sur le monde.
Couronnement de l’œuvre verte
Le Grenelle de l’environnement est arrivé comme une bulle d’oxygène pour faire respirer la planète. Les lois d’application sont en chantier dans les chambres parlementaires. C’est à ce moment crucial que les “verts” marchent sur les plate-bandes des “pierres”.
Petit détour par l’exemple pour faire le point
La jolie chapelle est officiellement classée monument historique. C’est un évènement. Les partisans des vieilles pierres respirent. Elle a désormais sa place au soleil pour l’éternité (ou presque). La chapelle est protégée de deux manières : le bâtiment lui-même et un périmètre de 500 mètres alentours. Que vaudrait une jolie chapelle au milieu d’un patrimoine massacré ? La beauté est aussi dans l’écrin. (en langage administratif on appelle ça la ZPPAUP)
A 400 mètres de là, Monsieur Jaimemaplanète a décidé de refaire son toit pour l’équiper de tuiles photovoltaïques. Jusqu’alors, il devait demander l’autorisation à Monsieur l’ABF-local qui devait lui rendre un “avis conforme”.
Cruel dilemme
Monsieur l’ABF est le gardien du Patrimoine. La mission, qu’il a acceptée, est de protéger sa ZPPAUP des assauts de la modernité, des velléités du moment. L’écrin doit rester au plus proche de l’écrin initial. Évidemment un toit photovoltaïque, une éolienne, une pompe à chaleur, des fenêtres à double vitrage ou des volets c’est très loin de l’ambiance “petite chapelle du XV° siècle”. Tous ces équipements ne sont pas très conformes…
Des arguments intéressant contre lesquels Monsieur Jaimelaplanète s’insurgent : “les Gaz à Effet de Serre (GES) ne sont pas visibles à l’oeil nu… mais c’est moins grave de faire tâche dans l’environnement historique que d’alourdir son emprunte écologique !
Ainsi vont les rebondissements pour la promulgation des lois sur le Grenelle de l’environnement.
Le Ministère de la Culture travaillerait « actuellement à une réforme d’ensemble des procédures applicables aux ZPPAUP, notamment à leurs conditions de révision, afin de prendre en compte les objectifs de développement durable dans le règlement de zone. Ces propositions seront prêtes pour la rentrée de septembre. ». La rénovation du bâti ancien dans le sens d’une amélioration des performances énergétiques ne devrait pas s’opposer à la protection du Patrimoine historique…. C’est le sens de l’histoire non ?