On choisit sa maison pour son emplacement, pour son esthétique et bien d’autres raisons. Mais qui se soucie de savoir ce dont sont faits les murs ? Et pourtant, la conception choisie -ou subie - aura un impact fondamental et irréversible sur les performances de la maison : les besoins en chauffage, la qualité de l’air intérieur, la résistance aux ponts thermiques, le confort perçu etc. Entrons au cœur des murs pour en comprendre l’essentiel.

Avant ce blog, les murs avaient pour moi un tout autre sens :
Ils montaient certes à la verticale au un fil à plomb, comme il se doit.
Ils comportaient 2 faces :
-    La face « crépie » à l’extérieur
-    La face « déco » à l’intérieur

798242_pink_and_white_marshmallows Sous le crépi les murs : les apparences sont trompeusesComme tout le monde, j’ai vu des chantiers de maisons ou d’immeubles en construction
-    J’ai vu qu’on montait les murs : avec des briques ou des parpaings. (Rouge ou gris pour des raisons obscures.).

-    J’ai vu aussi que parfois on « coulait » les murs. Pour les immeubles, on voit d’abord monter des planches, puis couler du béton & finalement supprimer les coffrages. Puis recommencer pour l’étage supérieur. Pour info, on appelle ça bancher. Je ne connais pas l’étymologie exacte. Un peu brut de décoffrage, j’y vois un mot-valise issu de la contraction entre béton et planches !

-    Pour avoir creusé le plâtre des murs étant petite (après avoir dessiné dessus évidemment) j’en avais retenu qu’évidemment on dessinait sur du papier et qu’on sculptait l’argile prévue à cet effet. Je ai aussi déduit qu’on ne pouvait pas peindre directement sur les briques et qu’on devait d’abord mettre du plâtre pour lisser tout ça. Faire joli en somme.

Mes recherches pour le blog m’ont ouvert les yeux sur une réalité bien différente : les murs sont multicouchescoupe-longitudinale Sous le crépi les murs : les apparences sont trompeuses
Et contrairement aux millefeuilles, tiramisus et autres douceurs, on n’assemble pas forcément les couches dans le même ordre. Il y a des « deuxièmes couches à l’intérieur » qui réservent de bonnes surprises aux habitants qui en sont équipés.

La deuxième couche à l’intérieur : c’est de l’isolant.
En langage de professionnel de la construction on appelle ça : Le système constructif à isolation intérieure. C’est le système constructif encore majoritaire en France.

Parfois la deuxième couche est à l’extérieur.
En langage de professionnel de la construction on appelle ça : Le système constructif à isolation extérieure. C’est le système constructif encore majoritaire en Allemagne par exemple.

Il y a aussi un autre système non-multicouche original.
Le mur joue à la fois le rôle de paroi et d’isolant. C’est le système constructif à isolation répartie.

Et finalement, il y a aussi un autre système constructif : la maison à ossature.
On construit tout le squelette, comme une immense charpente et ensuite on remplit les interstices.

Voilà les  4 systèmes constructifs principaux :

  1. Maison à isolation intérieure
  2. Maison à isolation extérieure
  3. Maison à isolation répartie
  4. Maison à ossature

La matière étant complexe, je vais réaliser pour vous une fiche par système constructif pour que vous ayiez tous les détails de chacune. Mais les combinaisons sont si nombreuses qu’avant cela, je vais vous emmener faire un petit détour pour comprendre comment les maisons se sont construites au fil du temps et avec quels matériaux …

Geoges Montgobert. Cela fait 10 ans que vous vous occupez exclusivement des problèmes d’humidité des maisons & des monuments historiques. Vous comptez pas plus de 350 chantiers d’assèchement de bâtiments et plus de 1000 expertises votre actif. Vous dirigez le cabinet Servimétrie et le bureau d’études humidité du bâtiment : Métriconsult. Vous avez et animé le forum « Salpêtre Humidité et Patrimoine » pendant plusieurs années avant de le fermer dépassé par une demande devenue ingérable … . Merci d’avoir bien voulu répondre à Demain ma maison.

maison et humiditéDemain ma maison : Dites nous à quoi l’on peut voir que la maison est humide. Les fuites de toiture c’est assez clair mais, tant qu’on n’a pas à mettre de seaux dans la maison à quoi reconnaît-on qu’une maison présente des signes d’humidité.

Geoges Montgobert : La condensation est un premier signe qui ne doit jamais être traité à la légère. Comprenons nous bien la condensation de l’eau contenue dans l’air qui va apparaître sous forme de gouttelettes à certains endroits de la maison.S’il y a de la condensation il y a nécessairement un excès d’humidité. C’est un signe. Les gouttelettes se forment sur les parois les plus froides (vitres, joints, carrelage). Si il y a du double vitrage la condensation apparaîtra sur les murs de la maison devenus plus froids que les fenêtres. Les joints et les murs sont un terrain favorable au développement de ces champignons et autres micro-organismes.

Les moisissures sont donc un deuxième indice de la présence d’humidité du bâtiment. Les autres signes sont le salpêtre et les sels qui sont la conséquence de remontées capillaires. Qui vont eux aussi envahir certains murs en fonction de la maison.

DMM : Pourquoi la maison est-elle humide ?
GM : Toutes les maisons ne sont pas humides pour les mêmes raisons. Mais, toutes les maisons – mêmes neuves – peuvent le devenir.

DMM : Et pourquoi ?Maison et condensation

GM : Parce que nous respirons. Et que l’air rejeté par les êtres vivants est chargé de vapeur d’eau. Une humidité visible à l’œil nu par temps froid. Selon la conception de la maison et l’utilisation des habitants cette vapeur d’eau (également nommée air vicié ?) doit être évacuée à l’extérieur de la maison.
Dans les maison anciennes, il y a tellement des fenêtres disjointes et de passages d’air que bon an mal an l’air vicié ne stagne pas. Ne fait pas de condensation et ne moisit pas. La situation se complique dès que des travaux -bien légitimes d’isolation de l’habitat- commencent.
> L’étanchéité de la maison emprisonne l’air et donc l’eau.

Humidité et isolation dans la maisonLa sensation de confort attendue par les travaux d’isolation n’arrivera pas. Le pourcentage d’eau dans l’air va monter. La sensation de froid liée à la présence d’humidité va pousser les habitants à monter le chauffage. En terme de confort perçu, l’atmosphère passe de « sensation de froid » à « moiteur tropicale » sans que l’on trouve le pallier confortable. La sensation d’inconfort va aller croissante tandis que le lent travail des moisissures commence avec un impact sur la santé. (exemple)

DMM : Heureusement ce scénario ne peut évidemment pas se produire dans une construction neuve.
GM : Bien sûr que si. La ventilation  (ou VMC) est obligatoire. Mais les habitants ont du mal à voir filer le chauffage par les fenêtres. J’ai vu nombre de maisons bien conçues atteintes par l’humidité car habilement calfeutrées…

Dans un cas assez grave, les habitants souffraient vraiment de la sensation permanente de froid typique de la présence d’humidité. Ils s’étaient offert un poele à éthanol. Si les feux de bois assèchent très bien l’air, l’éthanol c’est le contraire. Il dégage plusieurs litres d’eau par jour de flambée. La pièce était devenue presque entièrement noire de moisissures. Pour assainir, il a fallu enlever le poele, remettre en ordre la ventilation mécanique et remplacer les finitions murales (papiers - peintures) dégradées.

DMM : Vous nous parlez d’humidité et de température, ce n’est pas lié…Humidité et température de la maison
GM : Techniquement, il faut deux capteurs différents pour mesurer la quantité d’eau de l’air et la température de l’air. Mais l’être humain perçoit les deux combinés. La température perçue en atmosphère humide est environ inférieure de 4 degrés à la température effective de l’air.

Et monter le chauffage ne change pas grand-chose. Une salle de bain mal ventilée est humide. Elle est perçue comme froide. Un chauffage performant augmente la température de l’air et sa capacité à contenir de la vapeur d’eau (humidité relative – diagramme de Mollier). Mais très vite l’air l’atmosphère sera irrespirable. « On étouffe ». Comme sous les latitudes tropicales : chaudes et humides. Le chauffage est un palliatif. La ventilation bien conçue une solution.

DMM : On a compris que les causes étaient nombreuses. Les combinaisons un peu vicieuses. Et les symptômes d’humidité trompeurs. Il semble clair qu’une étude approfondie permet de trouver l’origine exacte et le traitement approprié de l’humidité.
GM : C’est exact. Car un problème d’humidité va toucher différentes parties du bâtiment. Il arrive parfois que les travaux soient entrepris pour se débarrasser des moisissures, du salpêtre etc. Et que tout soit revenu 6 mois plus tard. Il faut trouver la cause et c’est là le plus compliqué. Tarir la source d’eau. Laisser sécher. Faire les travaux. Et surtout ne pas se tromper dans les matériaux.

DMM : Les matériaux ? Quelle influence ?
GM : Si il y a des habitants il y a de l’eau. L’eau fait partie de la maison. Elle doit pouvoir s’échapper. Par l’air et par les matériaux. Qui ne supportent pas tous aussi bien sa présence. Et qui ne sont pas tous respirants. La chaux est respirante. Certains enduits sont étanches.

Aérer, ventiler, assécher sa maisonChoisissez vos matériaux en fonction de tous les autres éléments de fonctionnement de la maison. Les maisons basses consommation sont très étanches à l’air mais, elles sont équipées d’une VMC double flux à récupération de calories.

La maison est un système. Il faut la regarder comme telle et prendre en compte les paramètres les uns par rapport aux autres.

DMM : Sur votre site vous écrivez en rouge cette phrase qui résume tout : « Il n’y a pas de bons travaux, pas d’habitat sain sans prendre en compte l’humidité »
L’excès d’humidité est le problème numéro un des bâtiments (et de loin…). Il y a de nombreux traitements techniques ou de simples correctifs très efficaces. Il n’y a pas de solution universelle, on le saurait depuis longtemps….

DMM : Et si l’on parlait coûts…
GM : Si il y a des habitants il y a de l’eau. L’eau fait partie de la maison. Elle doit pouvoir s’échapper. Par l’air
Il faut concevoir l’approche en termes de coût global. La prise en compte des frais des remises en état à répétitions, la note élevée de chauffage, la santé et le confort des occupants, montrent que l’étude préalable, sérieuse et sans arrière pensée commerciale, est incontournable. C’est une source d’économies importantes et elle conduit toujours à un habitat durable, sain et confortable.

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Mince alors… Immergée jusqu’au cou dans la préparation de mon dossier matériaux, un petit nouveau fait surface : Le bambou. Après l’engouement tous amimuts pour les maisons bois, les maisons paille voici maintenant le future maison de vos rêves la maison babou.

panda-baptiste Maison en Bambou : la nouvelle coquelucheLe bambou c’est vrai est un matériau vert.

On l’emploie à toutes les sauces et notamment pour la vaisselle jetable.

Pour ses incomparables qualités techniques, cette graminée est utilisée depuis des millénaires en Asie pour les échafaudages.

Avant que la France ne succombe au raz de marée annoncé par le bambou, Demain ma maison s’interroge sur les homologations du matériau pour la construction…. Voilà un matériau de plus qui s’ajoute à mon programme de recherches.

Et si, pour une fois,  je procédais différemment. J’en ai assez de compiler des infos plus techniques les unes que les autres. Assez de comprendre les tenants et les aboutissants pour passer des qualités intrinsèques du matériau aux qualités combinées du produit fini.

Pourquoi ne pas filer aux Caraïbes me rendre compte de visu des vertus du bamboo ? Promis je vous posterai les photos ;-)